Connaître et comprendre sa société

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La relation entre le degré de développement d'une société et la modernité des institutions étatiques est un fait essentiel qu'il faut comprendre. S'il est impossible de moderniser un État, alors que la société est encore sous l'empire d'une logique économique et culturelle dominée par la tradition, il est aussi irréaliste de vouloir faire fonctionner des institutions étatiques avec
une conception archaïque ou autoritariste dans une société parcourue par une logique de modernité.
Entre ces deux situations extrêmes, l'Algérie vit une phase de transition. La société est traversée par des motivations contradictoires, conséquences de son histoire et de son mode de développement. En son sein, s'affrontent des aspirations à la modernité et des idéologies au confluent d'un néo-traditionalisme et d'une culture religieuse rationalisatrice. Cette ambivalence a été exacerbée en Algérie par un système scolaire qui, très tôt, a tourné le dos à la dynamique des connaissances et de la pédagogie modernes, et par une conception archaïque du développement culturel, laquelle a contribué à déstabiliser profondément la société en général et la jeunesse en particulier.
Bien sûr, la construction de l'État s'en ressent et le processus de modernisation des institutions devient aujourd'hui une tâche encore plus ardue. [...]
Cela signifie enfin qu'il faut identifier les facteurs de modernité dans la société et dans les institutions, et en assurer systématiquement la promotion et le développement jusqu'à l'auto-prise en charge par le plus grand nombre de cette dynamique de progrès. Un projet social, s'il peut avoir un sens, est d'abord une définition de la nature de cet État moderne, de ses rapports à la société au futur, et de ses capacités à promouvoir la libération de l'homme citoyen et à défendre l'indépendance nationale dans un environnement géopolitique de plus en plus agressif.